Nous avions décidé de passer trois nuits à Burgos. Nous nous sentions fatigués et nous devions nous retrouver à Palencia le lundi suivant pour récupérer le nouveau support de Jeffrey.
Les derniers sentiers avaient eu raison des fragments d’énergie qui nous restaient. La fatigue générale s’était aussi nourrie de la laideur du parc industriel que nous avons dû traverser pour nous rendre à notre petit appartement. Le moment était à la réflexion. L’Espagne nous permettait de vivre une toute nouvelle culture et nous en étions ravis, mais nous trouvions les chemins difficiles et nos vélos peu adaptés aux conditions. Le temps commençait aussi à jouer contre nous et nous avions peur de ne pas pouvoir arriver au bout de notre périple européen. Il faut se rappeler que les Canadiens peuvent rester dans l’espace Schengen 90 jours sur une période de 180. Nous avions déjà passé 45 jours en Norvège et deux semaines en France. Si nous voulions profiter un peu de ce qui se trouvait autour de nous, il y avait deux solutions: prendre notre temps et transformer un peu notre voyage ou utiliser un moyen de transport tel que le train ou le bus pour nous avancer un peu.
Toutes ces réflexions nous ont conduits à la décision suivante: le Maroc serait pour une autre fois, il était temps de rentrer au pays sans trop nous presser. Pour y arriver, mais aussi pour dévier du chemin des pèlerins, nous avons décidé de passer par Madrid au lieu de Séville. C’est d’abord plus proche et les billets d’avion, moins cher. Ironiquement, nous passerons par Casablanca avant d’atterrir à Montréal.
Burgos, la ville
La grande place et des allées aux arbres taillés:


Il y a cette immense cathédrale:





Mais il y a aussi un musée sur les origines humaines puisque des fouilles archéologiques dans la région ont permis de mieux comprendre l’évolution et la migration de nos ancêtres. Nous sommes allés nous y perdre pour quelques heures.
Il paraît aussi que Burgos est une capitale culinaire, mais l’horaire espagnol nous laisse un peu pantois. À l’heure du midi, l’offre se limite souvent aux tapas des bars et cafétérias du coin. Nous voyons les Espagnols boire leur vin blanc souvent dès 11 heures le matin. À quatorze heures, presque tout ferme. Seules les grandes chaînes gardent leurs employés attachés à leur caisse enregistreuse. Les petits magasins ouvrent à nouveau à 17 heures alors que les restaurants attendent dix-neuf heures ou même vingt heures pour offrir à nouveau des services! Habituellement, nous nous retrouvons au lit à ce moment-là!
Déjà, il était temps de partir vers une nouvelle destination et avec notre retour en tête.




Oui, on dirait que les espagnols grignotent toute la journée et prennent leur gros repas le soir. Curieux ! On moins ça dépayse.
Mais ils font une longue sieste l’après-midi. Dû au climat et je crois que les heures de travail sont réparties autrement.
Je ne sais pas si c’est dû au climat parce qu’ici, ça ressemble drôlement au Canada. Mais c’est dépaysant, c’est certain.