Vers Salamanca

Le départ de Zamora s’est avéré déplaisant et difficile, mais nous avons tout de même réussi à prendre la route un peu avant midi. Ce n’était pas si grave puisque nous avions prévu une courte distance jusqu’à un potentiel site pour planter la tente. 

Le vent était frais cette journée-là. Juste avant de bifurquer sur la route qui allait nous mener à ce qu’on croyait être notre site de camping, nous nous sommes arrêtés. Il fallait prendre une réserve d’eau et nous hésitions un peu puisque l’endroit offrait table à pique-nique et protection contre la pluie potentielle (le ciel était gris). Nous aurions pu nous arrêter ici si nous avions voulu, mais l’après-midi était à peine entamé. C’est à ce moment-là que nous avons aperçu deux cyclistes qui roulaient dans notre direction. Vanessa et Erwan! Quelle surprise! Ils se dirigeaient à Salamanca en espérant y arriver avant la fin de la journée. Là-bas, ils pourraient récupérer leur nouveau matelas de sol. Ça faisait déjà quelques mauvaises nuits qu’ils passaient. Je me disais que je ne pourrais pas, que le mauvais sommeil aurait raison du peu de patience qui existe en moi, mais il faut tout de même se rappeler qu’on fait toujours avec ce qu’on a. 

Nous avons donc discuté assez longuement avec Vanessa et Erwan et, après un échange de coordonnées, chacun est parti de son côté. Peut-être allions-nous nous revoir à Salamanca? 

L’endroit que Jeffrey avait trouvé ne s’est pas avéré idéal pour la tente. C’est le risque. On scrute Google Maps, on cherche des indices. Parfois, on se trompe. Nous avons donc décidé de continuer notre route nous arrêtant constamment en chemin: Peut-être que cette petite route mène à un site calme et à l’abri des regards? Y a-t-il des clôtures par ici nous empêchant de passer? Qu’en est-il de ce petit espace entre les arbres? 

Nous avons roulé 20 kilomètres de plus avant de nous rendre au terrain de football d’un petit village. Ce dernier se trouvait un peu à l’écart du voisinage et comme nous sommes en novembre, il était désert. Le vent soufflait toujours. Nous pouvions nous cacher derrière la petite bâtisse qui servait d’entrepôt et de vestiaire quand le terrain était en service. Pendant que je préparais l’intérieur de la tente, Jeffrey se chargeait du souper. Par curiosité, avant de s’installer derrière le mur de briques, il a tiré la poignée de la porte qui s’est ouverte comme par magie. À l’intérieur, il y avait table et chaises. C’était un peu notre caverne d’Alibaba. Nous pouvions cuisiner à l’abri des éléments. Ne vous inquiétez pas, nous avons pris la peine de laisser l’endroit plus propre qu’à notre arrivée. 

La lune ambrée à l’horizon, l’ombre de Jeffrey un peu flou, l’arceau de la tente, un filet de football.

Le matin suivant, il nous restait une dizaine de kilomètres avant d’atteindre Salamanca. Nous sommes arrivés fatigués, mais notre appartement était prêt à l’avance et il était parfaitement situé. Enfin, presque.

Salamanca est une très belle ville et c’est le paradis de la marche. Tout est à proximité. Et la ville est vivante. Très vivante. Presque trop vivante! Les vendredi et samedi soirs, les rues s’animent à partir de vingt heures et ça ne dérougit pas avant les petites heures du matin. Quand les fenêtres de l’appartement donnent sur les rues bondées de jeunes gens festifs, ça dérange un peu le sommeil du cycliste!

Malgré tout, nous avons découvert toutes les beautés de la ville.






Et nous avons croisé Vanessa et Erwan! Encore une fois, nous nous sommes retrouvés à discuter, à échanger, à rire. Ils se préparaient à partir à nouveau sur la route, direction Séville afin de trouver des températures plus chaudes. Espérons que la vie nous permettra de les croiser à nouveau! 


Une dernière rencontre sur le pont romain avant de prendre des chemins différents

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