À peine une semaine depuis notre départ de Trondheim et pourtant il me semble que ça fait bien une éternité! C’est peut-être la météo qui n’a pas été aussi clémente, c’est peut-être la perception du temps qui commence à prendre une autre définition.
Toujours est-il qu’après être arrêtés à la posten pour poster un paquet de petits trucs que nous n’utilisons pas, nous avons tranquillement commencé l’ascension qui nous mènerait à l’extérieur de la ville.

Ce qui est bien avec une montée, c’est qu’il y a toujours une descente.
Les GPX (cartes numériques qu’on installe sur nos appareils) de l’EuroVélo nous amènent le plus souvent possible loin des artères occupées. Cette journée n’y a pas fait exception et disons que je n’étais pas nécessairement très joyeuse quand j’ai vu où tout ça nous menait: une route de gravier avec un dénivelé de malade. Je ne sais pas combien de temps ça nous a pris, mais nous étions tous les deux à bout de souffle. Il n’y a pas de photos non plus parce qu’après la montée, il fallait reprendre son souffle.
Ce soir-là, nous avons dormi près d’un lac le long d’un sentier adjacent à l’ancienne route principale aujourd’hui remplacée par un tunnel. La route est toujours en bon état puisqu’il y a quelques personnes qui y vivent toujours. Pendant la nuit, il a plu et nous pensions pouvoir emballer la tente avant une autre averse, mais la vie en a décidé autrement et nous étions déjà mouillés avant de partir!

Ce n’était que le début. En fait, on aurait pu mieux s’habiller, mais le dilemme est réel: si on s’habille pour la pluie et qu’il ne pleut pas, on sue et on se mouille de l’intérieur. Si on ne s’habille pas pour la pluie et qu’elle commence à tomber pour vrai, on se trempe tout court. C’est ce qui nous est arrivé alors quand nous avons rejoint Kyrksæterøra, nous avons décidé que la journée était terminée même si nous n’avions pas fait beaucoup de kilomètres. J’avais vu un camping très bien coté et nous avons décidé de prendre un de ces petits chalets sans toilette. Quel bonheur! L’endroit était assez large et il ne nous avait presque rien coûté. Il y avait aussi du chauffage! Assez rapidement, l’intérieur s’est transformé en sécheuse: Jeffrey a installé une corde qui traversait le petit salon/cuisine et nous avons suspendu tous nos vêtements mouillés (après les avoir essorés à la main…).

Le chalet se trouvait dans une baie où les pêcheurs allemands abondent. Qu’est-ce qu’ils pêchent? Des gros poissons, mais je n’ai pas réussi à vraiment définir ce que c’était. L’Allemand à qui j’ai parlé m’a donné le nom, mais comme mon allemand n’est pas au point, je n’ai pas pu retrouver de façon certaine ce que c’était.
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La journée suivante nous a donné quelques moments ensoleillés. Il y avait aussi des montées et des descentes! Dans la vidéo, j’atteins plus de 50km/h dans la descente. Jeffrey m’a fait signe de ne pas m’arrêter quand il me filmait et je lui ai dit par la suite qu’il n’y avait aucune chance que je le fasse parce que je comptais profiter de ma vitesse au maximum. Sur de belles routes sèches, ça se fait très bien et c’est très agréable.


Comme on voulait donner une chance à nos cuisses, nous avons pris un hurtigbåt, un catamaran, pour couper un peu le kilométrage et le dénivelé.

Arrivés à Kristiansund, nous devions sauter dans un autobus qui allait nous faire passer un tunnel interdit aux cyclistes. Nous sommes ensuite remontés sur nos vélos pour continuer notre route et pour nous trouver un endroit où dormir. La soirée fut humide et le matin encore plus!
J’ai décidé d’essayer le poncho afin de rester au sec. C’était… intéressant. Les vaches m’ont trouvée drôle et intrigante. Je n’ai jamais vu autant d’animaux lever la tête sur mon passage!





En milieu d’avant-midi, la pluie avait cessé et nous avons croisé pour la première fois une petite famille (2 adultes, Ana et Marc, et 2 enfants – 14 et 10 ans) à vélos. Pour les prochains jours, nous nous rencontrerons à intervalles réguliers. Catalans de Barcelone, ce n’était pas facile de communiquer. Un peu de français, un peu d’anglais. C’est l’ado qui pouvait le mieux communiquer avec nous faisant l’interprète et le traducteur pour ses parents. Une belle petite famille voyageant comme nous avec tout leur bagage. Je leur ai même fait goûter un peu de sirop d’érable puisque Ana m’avait offert une crêpe au Nugatti (genre de Nutella pas cher de la Norvège).

À l’heure du midi, nous nous sommes tous les deux arrêtés à l’entrée d’un cimetière où se trouvait une table à pique-nique pour nous permettre de cuisiner un peu. Comme j’avais faim, nous avons décidé de faire des tortillas aux fèves noires. Je voulais réaliser une vidéo bilingue, mais ça n’a pas fonctionné, je m’excuse.



La journée était presque terminée mais nous devions d’abord passer par la route de l’Atlantique (Atlanterhavsveien) qui passe à travers une série d’îles à partir de ponts, mais aussi de chaussées construites par l’humain (causeway, en anglais). C’était bien, mais encore une fois, nous nous sommes retrouvés au milieu des touristes et il fallait un peu se battre pour avoir notre place sur la route à travers tous les motorisés. Les ponts n’avaient pas de pistes désignées.

La soirée s’est terminée dans un camping où nous avons retrouvé notre petite famille catalane.
Le camping n’avait rien d’extraordinaire et nous avions planté la tente à côté d’un bâtiment qui ressemblait un peu à un générateur. Quand le vent est tombé, c’est tout ce que je pouvais entendre…

Demain, Nuages et pluie sont au rendez-vous – partie 2.
Que d’aventures !