Au petit matin, toujours dans mon sac de couchage, j’ai pris mon cellulaire. Est-ce que la nuit porte vraiment conseil? Je ne sais pas. Je crois surtout que le repos permet de regarder la situation d’un nouvel œil. Et si… et si… et si… Le mieux ne serait-il pas de pouvoir se poser quelque part pour deux nuits? Pourrait-on trouver un terrain de camping près d’un sentier pédestre? Comme je réfléchissais à tout ça en fouillant sur Google Maps à la recherche d’un petit miracle, je suis tombée sur Cronin’s Yard. La description était tentante: une bande de gazon était offerte aux campeurs qui voulaient profiter des sentiers qui se trouvaient au pied des montagnes.
En plus, on annonçait finalement du beau temps. Jeffrey s’est laissé tenté par ma proposition. Rester au même endroit plus d’une nuit a son charme et nous étions prêts pour un changement. Comme nous aimons tous les deux la montagne, Jeffrey n’était pas difficile à convaincre. Donc, nous avons modifié notre destination une dernière fois et nous sommes partis. La journée serait courte (37 kilomètres), mais l’ascension (une des montées aurait 320 mètres de dénivelé), significative.




Quand nous sommes arrivés, nous ne savions pas trop où nous étions exactement. Tout ce qui comptait, c’était la montagne, les sentiers, pouvoir poser notre tente deux nuits au même endroit. Le jeune homme qui nous a répondu une fois sur place semblait nous juger un peu surtout quand je lui ai lancé que je n’avais pas trop porté attention aux sentiers qui nous attendaient. Il nous a tout de même fait faire le tour du propriétaire, il nous a expliqué quel était le sentier le plus populaire et sa longueur. Tout d’un coup, je me suis mise à regarder tout autour et à lire un peu les affiches. Nous étions arrivés au pied de la plus haute montagne de l’Irlande: Carrauntuohil, 1038 mètres d’altitude. Quel heureux hasard!


Le dimanche matin, on annonçait une belle température et on s’est dit que c’était mieux de commencer tôt. Nous étions donc prêts pour notre ascension juste avant 8 heures. Devil’s Ladder à l’aller et le Zigzag au retour. Quatorze kilomètres de marche. Le vent était froid, mais nous étions heureux. Le paysage était spectaculaire.















Nous étions de retour autour de quatorze heures. Nous pouvions faire la sieste et profiter du reste de la journée. Le lendemain, nous devions retourner sur la selle de notre monture et nous ne savions pas trop comment nos jambes allaient se sentir.
Le matin suivant, laissez-moi vous dire que les jambes étaient fatiguées. Nous marchions un peu tout croche et il était plus facile de pédaler que d’avancer à pied. Peu importe, il faisait beau. On ne peut pas savoir à quel point le soleil est salvateur si on n’a pas vécu à la merci des intempéries. Au lieu de pleurer parce que nos cuisses nous rappelaient à tous les instants la randonnée précédente, nous trouvions ça drôle. Des problèmes à monter sur son vélo? Le ciel est bleu, on en rit. Un arrêt en plein milieu d’une côte? Le vent est doux, on recommence sans rechigner.

Avec ce beau soleil, le Gap of Dunloe nous a paru raisonnable. D’ailleurs, j’étais ravie de constater que la route était presque uniquement réservée aux piétons, cyclistes et conducteurs de calèche vendue aux touristes comme étant une bonne alternative à la longue marche sinueuse.





Malgré tout, nous voulions être raisonnable et trouver un endroit pour planter la tente avant la deuxième ascension qui semblait plus exigeante surtout avec nos jambes déjà fatiguées par l’exercice de la veille.

Tous les endroits intéressants étaient trop boueux ou merdeux. Au pays où les fermiers sont rois, il est difficile de trouver un lopin de terre sans bouse ou sans crotte. Jeffrey a alors mentionné le petit café – The Killing Time Café – qui se trouvait juste avant la dernière montée que nous voulions éviter. Ce petit café se trouvait en fait dans le cabanon d’une maison privée. Derrière, il y avait un bel espace gazonné et une table à pique-nique. De quoi faire rêver les cyclistes nomades. Quand nous sommes arrivés, le café était fermé, mais pourquoi ne pas demander?
Le propriétaire de l’endroit était fort sympathique et très généreux: un Américain aux racines irlandaises qui ne voulait pas élever ses enfants à Hollywood… Nous étions chez David McHugh, compositeur de musique. Sur le mur, il y avait la partition de sa chanson la plus fameuse, Freedom, du film Moscow On The Hudson avec Robin Williams. Nous avons discuté de tout ça et du reste du monde, bien entendu. Quand nous avons commencé à cuisiner, il est venu nous proposer une tasse de chili. C’était délicieux.

Le lendemain matin, la rosée brillait de mille éclats puisqu’elle avait gelé.

Les jambes étaient probablement plus douloureuses que la veille, mais nous sommes tout de même partis le cœur léger.
Les hauts et les bas de la vie de nomades.
Bravo les aventuriers
You are seeing, and touching people, that so many miss!
Hi this is John (Miche). I’ve been reading your blog while we are also on a short bike trip in Austria. Love the scenery and descriptions of joy and (hardships) of biking and camping in Ireland. I can’t imagine biking up such elevation with all that gear. Even though our trip was only a week with flat terrain we did get a taste of 5C nights in a tent. When the sun comes out it’s all worth it. Keep up the good work and take care and see you soon.
Thanks for reading!
Actually, I truly believe anybody can do it. Just need the right gear and go slow. We are also not covering a lot of ground when we are climbing a lot.
Anyway, I saw some pictures of your trip! We’ll have to meet for a little chat when we will be back!
L’expression la pluie avant le beau temps prend tout son sens ici! Vivre les aventures irlandaises!