Au revoir, belle Salamanca!

Au départ de Salamanca, je ne savais pas ce que les derniers jours nous réservaient. Bien entendu, c’est plutôt le thème de ce voyage, mais il faut croire que la vie peut vraiment nous surprendre.
Nous avons roulé les premiers kilomètres sur l’ancien chemin de fer. La montée a d’abord été lente. Les paysages se ressemblaient toujours.

Quand nous avons emprunté les routes secondaires, les champs dénudés ont fait place à des collines parsemées d’arbres. On ne peut pas vraiment parler de forêt puisque la densité est quasi inexistante. D’ailleurs, de belles vaches noires cornues y paissent l’herbe poussant entre les arbres.
De longues montées nous attendaient et, avant d’atteindre notre destination finale, nous devions nous arrêter pour faire le plein d’eau. Nous étions au milieu d’une Espagne très rurale où les villages semblent souvent abandonnés. Nous avons un peu erré dans les rues désertent avant de trouver le bar-restaurant du coin. J’y suis entrée pour quémander de l’eau. Il était 16 heures, quelques hommes s’étaient réunis et terminaient leur bière tandis qu’un autre assis seul au bar se débattait avec son steak trop mince. À côté de lui, un verre et sa bouteille de vin déjà bien entamée attendaient qu’il déglutisse pour l’aider à faire passer le tout. Des artéfacts d’une époque révolue décoraient la place comme les vieux outils servant aux charpentiers, bergers, bouchers, fermiers.
Je suis sortie de l’endroit avec toute l’eau dont nous avions besoin après avoir répété à quelques reprises des « muchas gracias » qui se voulaient révélateurs de ma gratitude. Il nous restait quelques kilomètres à parcourir avant de rejoindre l’ermitage que Jeffrey avait trouvé. Ces endroits sont du domaine public et on y trouve souvent un terrain propice au bivouac. Cette fois, l’endroit était idéal. Il faut aussi ajouter que nous nous trouvions alors à une altitude plus élevée que lorsque nous avions atteint le mont le plus haut de l’Irlande!
Sans le savoir, nous avons installé la tente pour la dernière fois de notre voyage. L’endroit était calme. On entendait les cloches des vaches, les chiens qui aboyaient au loin et le passage de rares voitures.

Avec le matin clair, nous pensions avoir une bonne journée devant nous. Du mauvais temps s’annonçait pour les jours suivants et nous espérions pédaler le plus possible pendant qu’il faisait beau. C’était sans compter le vent qui avait décidé de se lever cet après-midi là nous empêchant de véritablement savourer la longue descente que nous méritions.

J’étais fâchée, déçue, fatiguée, mais aussi surprise par Ávila inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco. Elle est bien impressionnante avec ses fortifications et ses tours datant du XIIe siècle.


Après quelques tergiversations, nous avons décidé de prendre une chambre dans une auberge. Avant de payer, j’ai vérifié la chambre. On apprend un peu.
Nous sommes ensuite allés nous promener autour de la ville pour y admirer l’architecture médiévale. C’était une belle soirée.













Le lendemain, nous devions passer un autre col important et la température annonçait des conditions difficiles: vents forts et bourrasques violentes. D’un commun accord, nous avons réservé une place de train et un Airbnb à environ 50 kilomètres de Madrid. À partir de ce moment, nous avons eu l’impression de prendre mauvaise décision après mauvaise décision. À mon avis, ce n’est qu’une impression. On fait toujours du mieux qu’on peut avec l’information à notre disposition. En bout de ligne, il faut choisir.
Prendre le train était une bonne décision. D’ailleurs, nous avons pris le temps de vivre une petite expérience café filtre avant de partir. Le trajet était aussi intéressant puisqu’on passait à travers les montagnes et nous pouvions nous contenter d’admirer le paysage sans le souffrir aussi!


Quand nous avons rejoint notre destination, il faisait beau et chaud. C’est à ce moment que les regrets ont commencé: nous aurions pu rouler plusieurs kilomètres pour nous rapprocher de Madrid. Nous aurions pu planter la tente quelque part en chemin. Nous…
Ensuite, il y a la fichue météo qui semble vivre avec des troubles de l’attention et de l’hyperactivité. Oh! Demain, il y aura beaucoup de pluie et du vent! Heu non! Finalement, ce sera tel jour le pire et demain, il n’y aura que de la bruine. Mais que se passe-t-il? Du ciel bleu? Bon, ça vous donne une idée. Le seul hic pour nous c’est que, sur nos vélos, nous sommes vulnérables aux caprices de Mère Nature. Il faut aussi vivre avec les réservations de dernière minute.
Finalement, nous avons passé trois nuits à Collado Villalba et sa banlieue reculée sans service. Nous avions aussi décidé de profiter de Madrid même si le prix des appartements décents était exorbitant. Nous y passerions quatre nuits avant notre retour au pays.
Très intéressant. Belle écriture. Il restera Madrid.