Aventures à Québec – Sentiers de gravel – Réserve faunique des Laurentides

Selon le Larousse en ligne, l’aventure, c’est une « entreprise comportant des difficultés, une grande part d’inconnu, parfois des aspects extraordinaires, à laquelle participent une ou deux personnes. » Les sentiers de gravel de la Réserve faunique des Laurentides correspondent bien à cette définition.

C’est avec ma sœur que je me suis lancée à l’aventure, cette fois-ci. Je lui avais proposé un trajet que je considérais fort raisonnable: 140 km en trois jours. Malheureusement, je n’avais pas bien pris en considération toutes les contraintes du terrain et des défis liés à la petitesse des vélos. 

Nous avions pourtant passé la journée précédente à préparer les bécanes: ajout de support temporaire, remplissage de sacs, essais multiples, petite randonnée de pratique. Ce n’était pas parfait, mais nous avions trouvé de bons compromis pour pouvoir partir assez confortablement. 

Quand est arrivé le jour J, le départ fut d’abord tardif. J’avais besoin d’une chambre à air d’urgence et les derniers détails se sont accumulés sans qu’on s’en rende compte. Nous sommes arrivées au camp Mercier à l’heure du midi; je ne m’inquiétais pas trop puisque nous n’avions pas une si grande route à faire pour nous rendre à notre premier campement. Ça, c’était dans ma caboche de cycliste urbaine. Il faut dire que notre cher Jean, employé de la Sépaq, était plutôt inutile. Je pensais obtenir quelques informations intéressantes. Ce n’était pas de chance. 

D’ailleurs, c’était un peu ça, au départ, le problème: où commence-t-on? Quelle route suit-on? Quels sont les meilleurs endroits pour dormir? Nous étions un peu dans le brouillard et nous avons commencé notre aventure en empruntant le mauvais chemin. Une chance, après un petit détour de 5 km, nous avons rencontré Alexandre, un employé, qui connaissait bien les sentiers. Il a pu éclairer notre lanterne et nous mettre en garde: les sentiers forestiers n’étaient pas de la p’tite bière.

C’est lui qui avait raison. C’est la grande part d’inconnu, quoi. Très agréable sur le plat des pistes de ski de fond du Camp Mercier, parfois accidenté lors des montées ou des descentes. C’est d’ailleurs une belle grosse côte descendante qui a eu raison de ma sœur. Il faut dire que mes manœuvres n’avaient rien pour la rassurer! Les mains sur les freins, un pied près du sol guidant ma descente, j’annonçais, en quelque sorte, la possible fouille qu’on pouvait se prendre à la moindre petite erreur de navigation. 

Tout s’est bien passé et j’aurais dû la prendre en photo cette fichue descente, mais j’avais d’autres chats à fouetter. Le but de l’aventure était tout de même d’avoir du plaisir. Et là, il fondait sous les rayons du soleil de fin d’après-midi. Il fallait commencer à penser à se reposer un peu. Nous avons donc commencé à chercher le meilleur endroit pour bivouaquer. Ici n’était pas mal et là ferait l’affaire, mais nous n’étions pas pressées. 

C’est par hasard que nous avons trouvé notre petit coin de paradis. Nous nous étions arrêtées pour regarder les panneaux indicateurs et l’un d’eux pointait vers une route d’accès plus ou moins utilisée. On indiquait un chalet: Le Poirier. Avant de continuer plus loin, je voulais y jeter un oeil. La maisonnette n’était pas bien loin. En arrivant, on retrouvait le stationnement qui pouvait facilement servir de terrain de camping. Tout était calme. Le chalet, vide. Derrière, un sentier menait vers le confluent de deux rivières. Pour moi, c’était l’endroit idéal. 

Lorsque j’ai rejoint ma soeur qui m’attendait aux abords de la route principale, j’étais convaincue: j’avais trouvé le meilleur endroit possible. Malgré tout, nous avons décidé de pédaler un peu plus… c’est-à-dire jusqu’à la butte suivante! Entre la sueur d’une montée et le repos d’une baignade de fin d’après-midi d’été, le choix n’était pas difficile. Nous avons donc rebroussé chemin pour aller monter la tente et profiter de la tranquillité de l’endroit. 

Derrière le chalet se trouvait une galerie et une table à pique-nique. Nous étions gâtées. 

Le lendemain matin, la question se posait: Continuer ou retourner à l’auto? La veille, nous avions fouillé et trouvé des alternatives intéressantes, mais les petites inquiétudes ne disparaissaient pas et la journée s’annonçait chaude. La prudence nous a ramenées au véhicule. 

Leçon de cette histoire? Parfois, ça arrive. On planifie trop ou les éléments ne jouent pas en notre faveur. C’est bien de relever un défi, mais il faut aussi avoir du plaisir. Au final, on apprend et, de toute façcon, la prochaine aventure n’est qu’au coin de la rue.

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