Micro-aventures

Parfois, c’est ce que ça prend. Une petite aventure d’arrière-cour. Ça faisait quelques semaines qu’on y pensait. Nous voulions essayer un nouvel arrangement d’équipement avec nos vélos de gravel. La température s’annonçait plus ou moins bonne, mais nous avions tous les deux des fourmis dans les pattes. 

Afin de nous préparer aux événements de l’été, nous avons opté pour un parcours comprenant un petit détour onduleux qui couperait à travers une route de gravel avant d’arriver à notre lieu de repos. 

Je me sentais assez bien avant de partir, mais j’ai tout de même regretté le déménagement du sofa-lit du garage au salon. Le monstre était lourd. Très lourd. Ça enlève le petit zeste que ça prend pour savourer pleinement une mini-aventure de début de saison. 

M’enfin. Vers 18h, nous sommes prêts pour le départ. Les vélos attendent sur la galerie et il ne reste qu’à remplir les poches, nourrir les chats et fermer la maison à clé. 

Une fois sur la route, la première partie du parcours est prometteuse puisque le vent nous accompagne. Il faut comprendre ici qu’il n’est pas de face, mais de dos, ce que les anglais appellent tail-wind. C’est bien agréable surtout quand nous grimpons, grimpons, grimpons! Quand même, à un certain moment donné, je demande à Jeffrey: « Rappelle-moi donc pourquoi nous pédalons? » Sa réponse est toute simple: « Pour ne penser à rien d’autre. » Sous l’effort, tout s’efface. Le boulot qui me tracasse dernièrement demeure bien loin derrière. Ça fait du bien. Il n’y a que nous, nos jambes, la bécane et le vent qui nous pousse gentiment. 

Vient le temps de bifurquer à droite pour emprunter une route de terre. Nous voulions nous lancer à l’aventure du gravel bikepacking, il faut bien s’éloigner des sentiers battus. C’est plutôt tranquille. Sur 12 kilomètres, nous croisons un VTT et un pick-up. Il n’y a que nous et la tristesse du monde moderne… Voyez-vous, les gens se débarrassent souvent de leurs vieux bidules sur les routes éloignées des regards inquisiteurs.

Alors que nous arrivons à Dumbar Falls, la route est encombrée d’automobiles et de camions. À travers cette ferraille, des jeunes en âge de conduire discutent et se pavanent. Les traces de pneus sur le bitume que nous venons de retrouver nous expliquent l’activité principale de ce troupeau. Je suis bien contente d’être arrivée à la fin des festivités.

Bientôt, nous traversons Durham Bridge. Les pieds commencent à sentir la brise fraîche de ce début mai. Les jambes trouvent les dernières buttes impertinentes. J’ai hâte d’arriver. 

La brunante nous accueille. Avant de partir, la propriétaire des lieux nous a gentiment indiqué un endroit où planter la tente. C’est au son de la bécasse d’Amérique que nous nous exécutons. Un sourire se peint sur nos visages. Il est tard, mais nous mangeons du jerky de saumon et des scones cheddar et graines de citrouille. Avec ça, pourquoi pas quelques gorgées de gin japonais!? Le plaisir!

La nuit est fraîche et pluvieuse. Mon sac de couchage a des prétentions de cocu. Je me réveille à plusieurs reprises et je dois ajouter quelques couches pour être vraiment à l’aise. Au moins, mon cerveau ne me joue pas de tour. Comme il se concentre sur la chaleur à distribuer, il ne s’occupe de rien d’autre. C’est tout de même relaxant. D’ailleurs, au petit matin, réveillée par une bécasse matinale, je regarde ce que ma montre me révèle sur mon sommeil. Beaucoup mieux que plusieurs nuits passées dans le confort de ma maison! 

Nous partons assez tôt. Le sentier du retour sera envahi de coureurs un peu plus tard. Si nous voulons passer sans déranger, il faut décoller et ne pas trainer. Tout est mouillé et la pluie réapparaît au milieu de notre route. Bah! Nous rentrons à la maison. 

4 thoughts on “Micro-aventures

    1. Le Gravel Grind à la fin de juin (80 ou 120km, on verra.) une petite aventure de trois jours dans le coin du camp Mercier en juillet avec ma soeur et le Mussel Tear au début août: 420 km en deux jours – sur gravier à l’île du Prince Édouard.

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