Journal d’une vie sans auto: le jardinage

C’est le printemps et c’est le temps du jardinage. On retourne la terre, on arrache les mauvaises herbes, on se penche, on bêche, on attend que les nuits froides s’effacent du calendrier. Parfois, le sol s’appauvrit, on aimerait plus de terre pour nourrir les petites graines qui patientent dans leur sachet. Sans auto, la tâche semble longue et ardue. Combien d’aller retour devrais-je faire en vélo cargo pour amener toute la terre nécessaire aux gros pots à piments forts? Est-ce que je peux me trouver du paillis? Devrais-je tout commander et faire livrer? 

La solution est arrivée sans qu’on s’y attende. C’est en discutant de jardin et d’abeilles un samedi matin au marché fermier qu’on propose à Jeffrey de la bonne terre bien riche. Bien excitant, ce vieux fumier bien reposé, mais comment le transporter? Après tout, ce n’était pas la porte à côté, mais plutôt à Stanley à 20 minutes en automobile de la ville. Nous nous y sommes souvent aventurés en vélo lors de longues sorties. La région, toute vallonnée, laisse les cuisses en bouilli. 

La chance sourit aux bonnes gens. La preuve, la même journée, un gentil fermier suggère à Jeffrey d’emprunter un camion qui traîne sur sa terre. Il faudra s’y rendre, mais c’est là l’aventure! Nous la commençons tôt un dimanche matin assez frais mais ensoleillé en empruntant le sentier qui mène à l’aéroport. C’est la route de l’ancien chemin de fer. Pour éviter un détour inutile, il faut bifurquer à gauche avant de tomber sur les longues pistes d’atterrissage. Les derniers kilomètres se roulent sur la route et nous arrivons rapidement aux terres fertiles de notre aimable fermier. 

Nous retournons ensuite à moteur et en sens inverse. Pourquoi ne pas en profiter pour acheter un chargement de paillis? Chose aussitôt dite chose aussitôt faite! Rempli et vide le camion! Il ne reste plus qu’à sortir de la ville et trouver notre vieux fumier à déterrer. Une fois arrivés à bon port avec notre monstrueux véhicule, on s’échine sous un soleil d’abord timide. Les petites mouches noires sortent célébrer la chaleur qui s’installe en même temps que les avant-bras se découvrent. L’arrière du camion se remplit tranquillement tandis que nous jouons à la pelle musicale. Bientôt, satisfaits, nous reprenons la route avec notre précieux chargement. 

Après un arrêt à la maison pour y déposer le trésor, on repart. Il faut ramener le camion et surtout reprendre nos vélos. Il reste 20 kilomètres à parcourir avant de prendre un repos bien mérité. Quelle journée bien remplie! Et comme le jardin s’embellit! 

Petite note: J’avais prévu prendre une photo devant l’annonce de notre gentil fermier, mais nous avons emprunté la route qui passait derrière la ferme. Donc, aucune photo en vélo.

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