C’est en fin de journée que nous sommes arrivés à Belfast. Nous devions nous rendre chez un hôte WarmShower qui vivait à 20 km du port. Nous avons eu quelques problèmes de navigation et nous avons fait quelques kilomètres de plus un peu désespérés par la circulation de la ville.
Après un délicieux souper arrosé d’une Guiness chez Eric, nous avons essayé de trouver une solution à la très mauvaise température qui s’annonçait pour les deux prochains jours. Nous n’avons pas eu beaucoup de choix et nous avons réservé une chambre avec salle de bain dans une maison d’hôte. C’était un peu hors de prix, mais tout était encore plus cher ou de qualité douteuse à Belfast.

Il nous fallait ensuite décider de la route que nous allions emprunter. Nous savions que des restants de tempête tropicale faisaient leur route vers la côte ouest de l’Irlande. Nous venions aussi de confirmer un house-sitting à Limerick pour la fin septembre. Nous avons décidé de prendre une chance tout en coupant un peu notre route. Nous n’irions pas au nord complètement. Nous passerions par les montagnes.
Le camping s’annonçait un peu plus complexe. Il y avait peu de campings aménagés et le camping sauvage semblait interdit quoique certaines personnes plantaient leur tente sur les terres publiques ou des forêts nationales. Ça nous donnait une idée.
Nous sommes partis vers l’ouest avec espoir, le mauvais temps ne pouvait pas durer éternellement. NOTE! Il faut comprendre que nous étions tout à fait conscients que nous étions en Irlande où la température est changeante et les averses nombreuses. Ici, quand il est question de mauvais temps, on veut dire des vents qui déchaussent et de la pluie qui vous garde à un niveau d’humidité constant.
Notre première nuit sur la route s’est passée sur le terrain d’un parc public entouré de forêts et de sentiers. Il y avait des tables à pique-nique et un homme de la région nous a dit qu’il ne voyait pas de problème à ce qu’on passe la nuit à cet endroit. D’ailleurs, toutes les personnes que nous avons rencontrées ce soir-là étaient sympathiques.



Le jour suivant, nous sommes partis à travers les champs irlandais qui bordaient les petites routes que nous empruntions. Quelques éclaircies nous ont permis de prendre des photos.

Ce soir-là, nous sommes arrêtés au Meadows Camping Field. Après une conversation très intéressante avec Helena (la propriétaire des lieux), nous avons pris la décision de rester deux nuits à cet endroit puisque le prix était plus que raisonnable et on annonçait un déluge le lendemain. D’ailleurs, Helena nous a laissés nous asseoir dans le petit bureau du camping pendant que la pluie tombait sans arrêt.

Le soleil est finalement apparu en fin d’après-midi et comme le sentier inondé qui menait à la rivière était impraticable, nous sommes allés voir les vieux chênes qui poussaient sur la terre de l’autre côté de la route.






Notre prochain arrêt serait dans une forêt nationale traversée par les randonneurs du sentier international des Appalaches. C’était un peu étrange puisque nous étions au milieu des champs un instant et, tout d’un coup, au milieu des montagnes.

Alors que nous préparions le souper au milieu des midges (prononcer mid-gise), ces petits insectes qui adorent vous bouffer sans que vous puissiez les voir, un automobiliste professionnel testait la route pour la course qui se préparait un peu plus tard ce mois-là. C’était un peu irréel. Le bruit et la vue de cette automobile zigzagant sur cette petite route me laissaient plutôt inconfortables. À vous de le constater dans la vidéo suivante !
La nuit fut tout de même tranquille. La rivière berçait nos rêves et la pluie nous rappelait que nous ne partirions pas secs le lendemain !

Nous avons traversé la frontière entre Irlande du nord et l’Irlande au milieu des montagnes et des éoliennes. La route était étroite et seulement le passage des miles aux kilomètres nous a indiqué que nous passions dans un nouveau pays. Comme nous étions isolés, nous n’avions aucun signal cellulaire. Nous avions déjà eu des problèmes de carte cellulaire (e-sim) et ce nouveau changement de pays n’y ferait pas exception.


Après une longue descente et un retour aux terres agricoles irlandaises, nous sommes arrivés à Donegal city (c’est aussi une région, donc il faut préciser).
NOTE POLITICO-CULTURELLE
Venant d’un pays et d’une province où les tensions linguistiques sont une réalité, nous n’avons jamais commencé les conversations épineuses. Ces dernières sont arrivées au hasard des conversations, des questions posées ou selon le bon vouloir de notre interlocuteur.
Une chose est certaine: bien que l’Irlande ait obtenu son indépendance en 1937 et qu’elle soit devenue complètement indépendante en 1949 en quittant le Commonwealth, les tensions existent toujours, le sujet est sensible. Comme par exemple, en Irlande du nord, il y a les Irlandais et les Brits (oui, ils sont irlandais aussi, mais ils préfèrent parfois dire qu’ils sont britanniques). D’ailleurs, en discutant de mon drôle d’accent avec Helena, nous avons pu comparer la situation linguistique du Nouveau-Brunswick et de l’Irlande du nord qui ouvre maintenant des écoles irlandaises où le gaélique est la langue enseignée. Je mentionne le gaélique, mais ici, on appelle ça l’irlandais. Tranquillement, après vingt ans de paix entre catholiques et protestants, les Irlandais commencent à reprendre leur place.
Je ne m’étendrai pas sur les conversations que nous avons eues, c’est complexe et un peu long, mais une fois rendus en Irlande, des mots comme colonisation, interdiction, répression sont apparus dans le discours des gens. Qu’on le veuille ou non, les difficultés politiques viennent embrouiller la vie des gens normaux bien plus qu’on le pense. Je commence à comprendre le traumatisme intergénérationnel.
Nous pourrons en discuter à notre retour, peut-être autour d’un délicieux scotch. Celui-là n’est pas piqué des vers!!

Les parcelles de terre comme jadis au Québec.
Roger me dit que ce n’est pas comme au Québec car les parcelles sont trop petites.
Coucou les amis, c’est beau de vous voir vivre une telle aventure. Vous êtes inspirants.
Pour l’anecdote, j’étais plongée dans l’œuvre de Karl Ove Knausgaard quand vous étiez en Norvège (j’y suis encore, je suis envoûtée).
xx