Après 5 000 kilomètres et 55 000 mètres de dénivelé, je regarde les multiples photos prises et je sais bien que j’ai omis de parler de plusieurs petits trucs pendant notre voyage. Parfois, je n’avais pas le temps ou la narration ne s’y prêtait pas. D’autres fois, je ne voulais pas inquiéter les lecteurs.
les oublis, les pépins et les bébittes
Disons le clairement, dans une telle aventure, on a toujours l’impression d’oublier quelque chose quelque part. Comme on voyage à l’étranger, on a des papiers importants comme des passeports. Il y a aussi les cellulaires qui peuvent pratiquement respirer à notre place. Ensuite, il y a les petites choses personnelles comme Tigrou qui voyage avec nous depuis les débuts de notre relation. Le reste, on peut le remplacer.
Donc, nous en étions à notre sixième journée en vélo au tout début de notre voyage en Norvège. Nous étions rendus à trouver un endroit pour planter la tente. Nous avions repéré un chemin plat qui n’offrait malheureusement pas un terrain idéal pour la tente. Nous avions tout de même pris le temps de descendre du vélo pour explorer les environs. Nous avons finalement quitté la place et après quelques kilomètres, je me suis rendue compte que Jeffrey ne portait plus son casque. Je pensais simplement qu’il l’avait enlevé parce que nous étions en fin de journée. Je lui en ai fait la remarque et, à mon grand étonnement, il ne s’en était pas rendu compte. Il avait placé son couvre-chef protecteur à l’arrière de son vélo quand nous étions en mode exploratoire. Comme j’avais enfourché ma bicyclette plus rapidement que lui, il est parti sans réfléchir et un peu trop rapidement. Ce soir-là, quand nous sommes arrivés à notre campement, Jeffrey est parti à sens inverse pour retrouver ce qui lui manquait. Nous avions roulé 80 kilomètres et Jeffrey a ajouté un petit 20 kilomètres de plus à sa journée.
Le casque est devenu une espèce de blague dans la liste des trucs à ne pas oublier le matin: sac orange? Check! Tigrou? Check! Lunettes? Check! Cellulaires? Check! Casques? Check!
Les autres petits trucs oubliés: une bouteille d’eau sur une table à pique-nique, une serviette dans une chambre d’hôte. Les deux ont été remplacés.
Il y a eu des pépins, mais majoritairement liés à la mécanique des vélos. Jeffrey connaît bien ses machines, il savait ce qui devait être fait et arrivait à corriger le tir assez rapidement. L’idée gagnante du voyage: les pneus sans chambre à air (tubeless). Même si nous avons connu quelques crevaisons, aucun changement de chambre à air n’a été nécessaire. Le liquide scellant des pneus a fait son travail à merveille.
Ce qui a fait mal, c’est l’incident de la tente… Nous revenions d’une journée magnifique, nous avions beaucoup marché, nous étions fatigués. Jeffrey portait toujours le sac à dos quand il est entré dans le vestibule de la tente. C’est là qu’un grand CRIIIIIIIIIIIIIIIC s’est fait entendre. Nous nous sommes regardés avec horreur. La porte du vestibule s’était prise dans une des fermetures éclair du sac à dos. Le résultat: une longue déchirure. Malgré tout, nous sommes restés calmes et nous avons simplement passé le reste de l’après-midi… à coudre. N’oubliez pas de toujours traîner avec vous un petit kit de réparation avec vous!


Vous savez quoi? Une majorité des fenêtres européennes sont sans moustiquaires. Pourquoi? Il n’y a simplement pas assez d’insectes dérangeants pour que ça en vaille le coup. Par contre, il ne faut pas penser qu’il n’y a aucun insecte dans la belle nature du vieux continent. En Norvège et en Écosse, nous nous sommes battus avec les petits insectes qui s’appellent les midgees. J’en ai parlé un peu dans quelques-uns de mes articles. Un matin, j’ai pris une photo de l’entre-toit de la tente.

Si vous regardez le front de Jeffrey sur cette photo, vous pourrez constater que ces petits insectes ne sont pas très gentils.

Quelques mots sur la nourriture
Quand on roule en vélo 50-60-70 kilomètres par jour, on a faim. On a TOUJOURS faim. On peut manger sans compter, sans regarder, sans vraiment se préoccuper de quoi que ce soit. Au début, je faisais tout de même attention aux trucs avec trop de sucre. C’est juste pas bon pour la santé, vous savez. Ce n’est pas parce qu’on peut en manger sans engraisser que c’est nécessairement ce qui est le meilleur choix. Déjà que nous avons acheté une tonne de soupe Ramen express. C’est devenu notre comfort food de voyage. C’est chaud, ça cuit vite, ça fait du bien au corps et à l’âme. En plus, si vous y ajoutez une ou deux grosses cuillerées de beurre d’arachides, l’affaire est dans le sac.
Mais je suis devenue fatiguée de manger du granola à l’eau chaude le matin. Alors, même si transporter un pain n’est pas très ergonomique en vélo, nous avons commencé à le faire. Il ne manquait plus que la tartinade de choco-noisette et le beurre. Il n’y a rien de mieux qu’une belle tranche de pain passée dans la poêle bien beurrée en y ajoutant de la tartinade choco-noisette pour bien commencer la journée!!
Quand on va à l’épicerie, il faut toujours penser à l’espace disponible pour ranger toutes les victuailles. Il ne faut pas trop avoir faim et les fruits frais ne sont pas toujours évidents à placer. Parfois, ça déborde! Il ne faut pas s’inquiéter. Comme on mange à n’en plus finir, le soir même de nouveaux espaces sont créés par ce qui a été dévoré.




Les Norvégiens tartinent leur sandwich avec ce qui se trouve dans ces tubes:


Je n’y ai jamais goûté. J’ai toujours trouvé le tout très suspect surtout après avoir regardé les ingrédients.
Les Espagnols sont obsédés par le porc. Vous pouvez acheter votre patte de cochon séché à peu près n’importe où même à l’aéroport!!! On vend aussi une contraption pour pouvoir trancher facilement votre charcuterie.


Quand nous sommes arrivés en France, nous avons aussi cueilli des châtaignes et c’est rapidement devenu une petite obsession. Nous avons regretté de ne pas en avoir cueilli davantage en Bretagne alors que c’était le meilleur de la saison. Nous en avons tout de même mangé plusieurs après les avoir fait rôtir dans la poêle. C’est très bon.



Un cliché: la meilleure nourriture se trouve en France. Pain, légumes et fruits frais, demi-litre de vin bon marché, fromage varié, produits biologiques… Après 5 semaines en Irlande, j’ai failli perdre la tête en entrant dans un supermarché français.



En parlant des Français, il faut ajouter que nous avons rapidement remarqué de petites différences vestimentaires avec les Irlandais et les Britts. Les Français adorent porter le jeans. Comme pour confirmer notre impression, à Bayonne, en regardant la télévision qui jouait sans arrêt chez notre hôte, nous sommes tombés sur cette chanson parodie qui nous a bien fait rire: Michel Vedette chante « La vie en jeans »
Mon prochain article vous présentera les maisons abandonnées de l’Irlande.
Le beurre d’arachides dans la soupe Ramen m’a fait sourire. Et j’ai pensé à certains plats thaïlandais dans lesquels on ajoute justement du beurre d’arachides.
Tu commences à bien te débrouiller en cuisine.