Quatre jours – 250 kilomètres de vélo

Tromso au traversier de Brensholmen

Nous sommes partis sous un ciel gris, il ne faisait pas très chaud. Nous avons rapidement réalisé que les premiers jours n’allaient pas être faciles quand nous avons commencé la première ascension sérieuse de notre aventure. C’est là qu’on se rend compte pourquoi les gens paient des sommes de fous pour des vélos ultra-légers. Les nôtres sont en acier, ils sont faits pour durer et ils sont bien garnis de tous nos bagages. La pluie s’est aussi mise à tomber. Pas si mal pour des êtres qui s’échauffent en pleine montée. 

La route fut tout de même excellente: paysages magnifiques avec montagnes enneigées, chutes spectaculaires, villages parsemés à travers les vallées. Nous avons aussi traversé notre premier tunnel. Un peu impressionnant en vélo. Comme nous avions déjà visité la Norvège, nous connaissions bien les tunnels. Jeffrey en avait même fait l’expérience en vélo de route, mais bien chargés, tout est différent. Ce qui est impressionnant, c’est le son: tout est amplifié. Quand un automobiliste s’engage dans le tunnel, on ne sait pas d’où il vient ni de la taille du véhicule. En tout cas, on s’en est sortis vivants! C’était le premier d’une multitude! 

Arrivés en milieu d’après-midi pour le traversier, nous sommes passés devant tous les camping-cars qui nous avaient probablement dépassés. Là, nous avons mangé un peu et retrouvé notre Québécoise de l’aéroport, Christina qui est arrivée un peu plus tard avec son amie Tram. 

J’aime toujours prendre le traversier en vélo. Ici, c’est gratuit et il y a quelque chose d’amusant à entrer dans ces gros bateaux avec un petit vélo. Le traversier nous offre la wifi pour nous connecter un peu.

Botnhamn au camping puis à Skaland

Après le traversier, nous avons repris la route, mais nos jambes étaient déjà fatiguées de la journée. Après quelques kilomètres, quand nous avons vu la route qui montait devant nous, nous avons pris la décision d’explorer le chemin de terre qui ne se trouvait pas loin. Bonne idée, endroit parfait pour la tente et le souper: tortillas de fèves noires, fromage et avocat frais. Haha! Il a aussi fallu nettoyer le dégât des œufs écrabouillés… deux sur six. Faudra réfléchir à l’endroit où on les range! 

Il a plu pendant la nuit. Tout était mouillé ce matin-là. C’est la vie, c’est pas grave, c’est comme ça sur la route en camping. Nous avons tout de même réussi à déjeuner (les 4 œufs intacts de la veille y sont passés) et à tout ranger avant que la pluie ne se remette à tomber. Encore une fois, il y avait plusieurs tunnels à passer. La plupart est bien éclairée et il est possible d’indiquer la présence de cyclistes à l’aide d’un bouton qui avertit les gens en véhicule motorisé. Nous ajoutons aussi notre petite lumière supplémentaire à l’arrière. 

Comme nous avions essuyé plusieurs averses, nous avions vraiment envie d’une bonne soupe chaude et nous avons eu de la chance: juste avant le tunnel qui allait nous mener à la fin de notre étape, il y avait un petit resto-auberge pour pêcheurs en mer. Il était complètement vide, mais la dame nous a servi une soupe et un sandwich au poulet pas piqués des vers. On était heureux, on pouvait s’attaquer au dernier tunnel cahoteux et épeurant qui nous attendait (on ne le savait pas avant de le passer – je pense seulement que c’était un vieux tunnel comparé aux autres plus modernes). 

Nous n’étions pas au bout de nos peines puisqu’une montée de col nous attendait. Le truc, pour ne pas se péter complètement les jambes, c’est de descendre les vitesses au plus facile et de mouliner rapidement. Quand même… j’ai complété deux triathlons extrêmes et j’en suis bien heureuse parce que cette partie était éprouvante. Il y avait un arrêt au milieu avec belvédère. L’arrêt était obligatoire. Ensuite, la montée se poursuivait jusqu’à un dernier tunnel de 1.9 km TOUT EN ASCENSION! Je me suis vraiment dit que j’étais trop vieille pour se genre de truc une fois sortie de cet enfer! 

Haha! Mais vous savez, après chaque montée, il y a une descente et c’en était tout une. Même en freinant, nous avons atteint plus de 50 km/h. C’était pour le moins excitant. Comme nous n’avions plus rien à donner, il était temps de trouver un endroit où dormir surtout que la route à suivre nous indiquait une autre belle montée. 

Quoi de mieux qu’un sentier près d’une rivière à saumons pour planter sa tente. Ici, à ce temps-ci de l’année, le soleil se couche très brièvement et très tard. Il n’y a jamais de nuit complète. L’avantage, la lampe frontale est plutôt inutile. Le désavantage, il faut se couvrir les yeux pour dormir un peu. 

Le lendemain, le soleil a décidé de faire partie de la journée. C’était la première fois depuis le début de notre périple alors j’ai décidé de porter mes shorts! Le vent n’est jamais chaud, par contre, nous gardons les manches longues. 

Notre première destination était le traversier de Grylleford. Nous avions un peu peur du col qui nous attendait. Nos jambes ressentaient la fatigue de la veille. Une chance pour nous, les ingénieurs norvégiens, nos amis, avaient creusé un beau tunnel qui coupait la route à faire de quelques kilomètres, mais surtout faisait en sorte que nous n’avions pas à grimper un col! Joie. 

Une fois rendus à bon port, j’ai trouvé des petites gâteries à la vanille et au chocolat tout chaudes à l’épicerie qui se trouvait là. Quel plaisir!!!

Andenes vers Bø

Le village à la sortie du traversier était trop occupé, trop touristique et nous l’avons rapidement passé. Il y avait tout de même de belles plages à l’eau turquoise tout le long de la côte. Pour nous l’important était de s’éloigner un peu de la petite ville pour se trouver un endroit discret et tranquille où planter la tente. 

Après 25 km de route relativement plate, nous avons emprunté un petit chemin de terre près d’une rivière à saumons. C’était parfait. J’avais aussi acheté une bière à l’épicerie du port et Jeffrey l’a mise à refroidir dans la rivière. C’était assez tôt. Que faisons-nous? Nous installons le campement, nous explorons un peu les environs et, par-dessus tout, nous observons les saumons de la rivière. J’en ai trouvé une trentaine cachée sous la surface. Je n’en avais jamais vu autant de ma vie. Des gros! 

Finalement, après un souper, on s’installe un peu pour relaxer, écrire ou lire. La belle vie, quoi. 

Direction Sortland

Nous nous étions dit que nous irions à Sortland le lendemain: 80 km de vélo sur une route assez nivelée. Là, nous devions nous arrêter à un camping privé pour dormir dans un cottage rudimentaire réservé en ligne la veille. 

Comme c’était pas mal de route, je me suis dit que ce serait bien de partir tôt. À 5h, nous étions debout et un peu avant 7 heures, nous étions prêts pour la route. À cette heure-là, un dimanche, c’est tranquille. C’était bien. Nous nous sommes arrêtés par chance à une petite halte routière où nous avons découvert un site historique de la population Sami qui sont les autochtones de la région (blonds aux yeux bleus, pour la plupart!). J’ai aussi pris en photo le phare, témoignage de l’époque moderne. 

Avant midi, nous avions presque complété notre route et nous nous sommes arrêtés pour des nouilles rapides sur le bord de la mer pour éviter les petites et grosses mouches fatigantes. 

La route et la température étaient belles, les paysages magnifiques, mais nos jambes étaient toujours douloureuses. Il était temps d’arriver. Bien entendu, le camping se trouvait au haut de la butte… 

C’est tout pour le moment. Aujourd’hui, écriture de blog et petit parcours d’une quinzaine de kilomètres maximum, on l’espère, avant de se poser pour la nuit. Nous avons besoin d’une journée courte et sans folie pour nous reposer un peu le corps. 

5 thoughts on “Quatre jours – 250 kilomètres de vélo

    1. C’est du brunost, un fromage brun au goût caramélisé. Honnêtement, c’était une erreur, mais après quelques kilomètres de vélo, c’est pas mal.

  1. Very beautiful and g good explanations and comments? Thank you for keeping us posted, stay safe, your legs will be strong 💪 after all those hills 😜

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